Le Sénégal des Jambaars, Zoom sur les forces armées sénégalaises

« On nous tue mais on ne nous déshonore pas« 

Devise de l’armée sénégalaise

Les forces armées sénégalaises ou armée sénégalaise constituent l’une des meilleures d’Afrique de l’Ouest. Elles ont pour mission d’assurer la défense nationale, la préservation des territoires et des intérêts nationaux. L’armée dans son ensemble constitue donc une force politique, sociale voire économique, elle assure la défense de l’intégrité nationale face aux potentielles attaques extérieures et assure la paix à l’intérieur des frontières.


La chaîne de commandement politico-militaire

L’article 45 de la Constitution sénégalaise dispose « Le Président de la République est responsable de la Défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la Défense nationale et le Conseil national de Sécurité. Il est le Chef suprême des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la force armée« 

Au Sénégal, le Chef d’État-Major général des armées (CEMGA), assiste le ministre chargé des Forces armées pour l’organisation générale, la mise en condition des forces et la coordination interarmées. L’État-Major général des armées est donc chargé de :

  • La coordination interarmées ;
  • Veiller à l’aptitude opérationnelle des armées à remplir leur mission ;
  • L’application des règlements d’emploi et de manœuvre ;
  • L’instruction et du perfectionnement du personnel d’active et de réserve ;
  • La gestion et de la formation du personnel.

Présentation des différents corps de l’armée sénégalaise

L’armée sénégalaise est constituée des corps suivant: L’Armée de terre, l’Armée de l’air, la Marine nationale et la Gendarmerie qui assure à la fois des fonctions militaire et de police nationale.

L’armée de terre

Mise sur pied en 1960, l’armée de terre sénégalaise est la doyenne des armées et en constitue le noyau. Régulièrement restructurée et réorganisée depuis 1960, l’Armée de Terre a consolidé au fil des ans, son rôle dans la préparation des unités et son armement provient principalement de la France et des Etats Unis en raison de la politique étrangère du Sénégal.

L’Armée de terre constitue actuellement la principale composante de l’armée sénégalaise avec plus de la moitié des effectifs. Elle est constituée d’un Etat major  articulée autour de deux divisions chargées des opérations et de la logistique. Elle est

également composée d’unités territoriales comprenant :

Les sept zones militaires du Territoire
  • des bataillons d’infanterie appuyés par des sections d’artillerie lourdes dont la mission est de veiller aux frontières.
  • des bataillons de reconnaissance et d’appui (BRA) qui constituent des réserves zonales grâce à leur souplesse, leur mobilité et leur puissance de feu.

Enfin, elle possède plusieurs unités de réserve générale constituant une force d’intervention équipée et armée pour être projetées sur tout point du territoire national.

L’armée de l’air 

Forum (Armée de l'Air du Sénégal) — AviationsMilitaires.net

Créée le 1er Avril 1961, l’Armée de l’air sénégalaise a été véritablement structurée dans les années 80 pour répondre aux besoins stratégiques du pays. Ses différentes missions:

  • La défense de l’espace aérien sénégalais ;
  • La protection et la défense des zones aéroportuaires ;
  • L’appui des autres forces dans le transport et l’aérolargage de matériels et des hommes ,
  • L’évacuation sanitaire ;
  • La surveillance et la protection des ressources halieutiques ;
  • La recherche et le sauvetage des avions et bateaux en perdition.

La Marine nationale

Composante navale de l’armée et créée le 22 janvier 1961, la Marine nationale a pour mission d’assurer la souveraineté du Sénégal dans sa zone économique exclusive, qui s’étend sur 212 000 km2 le long de 700 km de côtes.  85e dans le monde et le 24e en Afrique, le territoire maritime sénégalais se divise en trois zones :

  • Zone nord : de la Mauritanie jusqu’à Dakar.
  • Zone centre : de Dakar jusqu’à la Gambie.
  • Zone sud : de la Gambie jusqu’à la Guinée-Bissau.

Les missions de la Marine nationale peuvent être regroupées en 4 catégories:

  • La défense maritime du territoire
  • La défense économique
  • Le service public en l’occurrence la recherche, le secours et l’assistance dans une région maritime qui va de la Sierra Leone à la Mauritanie ; mais également le transport au profit des services publics ou privés et enfin les évacuations sanitaires.
  • La sécurité de la navigation maritime

La gendarmerie

La Gendarmerie sénégalaise a été crée en 1960. Le décret n° 63-294 du 11 mai 1963 organise la Gendarmerie nationale qui fait partie intégrante des forces armées; le décret n° 68-929 du 28 août 1968 réorganisant la gendarmerie sénégalaise réaffirme son appartenance aux forces armées. La Gendarmerie nationale sénégalaise est dirigée par un Haut-Commandant, secondé par un Commandant des forces de gendarmerie.

Quelques dates clés…

1974: Réglementation de l’emploi et du service de la Gendarmerie, réinstauration d’une direction de la Gendarmeirie sénégalaise.

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1972: Le Haut Commandant de la gendarmerie et Directeur de la Justice militaire dépend directement du ministère des Forces Armées. Il a le rang et les prérogatives du chef d’état-major général des armées.

1976: Création de la Légion de gendarmerie d’intervention.

1977: Naissance du Groupe d’intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN)

1981: Rétablissement du Haut-Commandant de la Gendarmerie

1984: Création de deux subdivisions de la Gendarmerie: La gendarmerie mobile et la gendarmerie territoriale

1991: Création des Légions de gendarmerie territoriales.

2006: Ouverture du recrutement des sous-officiers aux femmes.

2007: Création de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) à Dakar.

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Les grades de l’armée sénégalaise

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Petite anecdote sur les Jambaars…

Général Jean Alfred Diallo

L’ancien Président Abdou Diouf dans ses mémoires a apporté un témoignage édifiant sur ce que sont les forces armées sénégalaises, une armée républicaine, au service du peuple et respectueuse de la démocratie et de l’Etat de droit.

« La rumeur faisait même cas d’un coup d’État. Il y eut effectivement immixtion des militaires dans les évènements politiques, mais on était très loin du coup d’Etat. […] En 1968, les militaires avaient demandé une audience au Président Senghor, afin de discuter avec lui du malaise ambiant. Avant d’aller à cette rencontre, le Général Jean Alfred Diallo s’était rapproché de moi, pour me demander des conseils. Je le reçus accompagné d’officiers, en présence d’Habib Thiam.[…] D’entrée, le Général Diallo me donna la position des militaires, qui voulaient un changement de Gouvernement. Ils me présentèrent un tableau avec la liste des ministres qu’ils proposaient. Il y avait sur la liste le nom d’Abdou Ndéné Ndiaye, ancien Gouverneur de la Casamance, qui jouissait auprès des officiers de l’armée d’un profond respect, et ils le proposaient au poste de ministre de l’Intérieur. […] Vint le jour de l’audience. Devant le Président Senghor, le Général Diallo accompagné de ses officiers, se mit au garde à vous.

  • Est-ce un coup d’Etat ? interrogea le Président Senghor
  • Du tout, M. le Président. Nous sommes là plutôt pour une analyse de la situation.
    Nous sommes très sensibles à la demande des citoyens sénégalais de changer le
    Gouvernement, et vous proposons M. le Président, la liste d’un nouveau
    Gouvernement.
  • Ce sont des propositions ou des directives mon Général ? répondit, le Président
    Senghor
  • Non Monsieur le Président. Il ne s’agit que de recommandations, rétorqua le Général
    Diallo, toujours au garde à vous.
  • Ah bon d’accord. Merci, ajouta le Président Senghor, qui accepta la liste. »
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