Sextape et chantage: l’erreur qui peut tout empirer

Aujourd’hui, un téléphone suffit pour ruiner une réputation.
Une vidéo intime, une photo privée, un message perso… et soudain, quelqu’un menace de tout balancer.

Quand ça arrive, beaucoup réagissent avec la rage:

  • “Je vais l’exposer aussi”
  • “Je vais publier ses infos”
  • “Je vais régler ça moi-même”

👉 Mauvaise idée. Très mauvaise idée.

Au Sénégal, la loi protège les victimes, mais elle ne protège pas la vengeance.

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1. Une sextape, c’est une donnée personnelle protégée par la loi

Contrairement à ce que certains pensent, une sextape n’est pas “juste une vidéo”.

Au Sénégal, c’est une donnée personnelle sensible.

Selon la Loi n°2008-12 du 25 janvier 2008 sur la protection des données à caractère personnel, sont considérées comme données personnelles:

  • Toute information permettant d’identifier une personne
  • Les images, vidéos, enregistrements vocaux
  • Les données liées à la vie privée et à l’intimité

👉 Une vidéo intime = donnée personnelle = protection légale.


2. Diffuser ou menacer de diffuser une sextape est un délit pénal

Même si la vidéo a été filmée avec consentement au départ.

La loi est claire:

  • Diffuser sans consentement est interdit
  • Menacer de diffuser est aussi une infraction

Cela peut relever de:

  • Atteinte à la vie privée
  • Chantage
  • Cybercriminalité
  • Violence numérique

Le Code pénal sénégalais, combiné aux lois sur le numérique, permet de poursuivre pénalement l’auteur, même s’il s’agit d’un ex, d’un ami ou d’un conjoint.

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3. Pourquoi se faire justice soi-même peut te mettre en tort

C’est dur à entendre, mais c’est la réalité.

Si tu:

  • Diffuses à ton tour des infos privées
  • Publies des captures humiliantes
  • Menaces publiquement l’auteur
  • Appelles à la vengeance sur les réseaux

👉 Tu peux devenir pénalement responsable, même si tu étais la victime au départ.

Résultat possible:

  • Deux dossiers judiciaires au lieu d’un
  • Affaiblissement de ta plainte
  • Escalade incontrôlable sur les réseaux
  • Stress, humiliation, conséquences durables

💡 La loi protège ceux qui la respectent.


4. L’État sénégalais a créé des organismes pour ça

La protection des données personnelles n’est pas théorique.

🔹 La Commission de Protection des Données Personnelles (CDP)

La CDP est l’autorité officielle chargée de:

  • Protéger les citoyens contre les abus numériques
  • Recevoir les plaintes
  • Enquêter sur les violations
  • Sanctionner les auteurs

Elle peut être saisie en cas de:

  • Sextape diffusée ou menacée
  • Chantage numérique
  • Utilisation abusive d’images privées
  • Atteinte à la vie privée en ligne

5. Que faire concrètement si quelqu’un a ton contenu intime?

✅ 1. Ne réponds pas par la menace

Même si c’est tentant.

✅ 2. Garde toutes les preuves

  • Messages
  • Captures d’écran
  • Liens
  • Dates et heures

✅ 3. Ne supprime pas trop vite

Les preuves sont essentielles pour la plainte.

✅ 4. Saisis les autorités

  • Police ou gendarmerie
  • Procureur de la République
  • CDP pour la partie données personnelles

✅ 5. Signale le contenu aux plateformes

Les réseaux sociaux retirent rapidement les contenus intimes non consentis.


6. La honte n’est pas du côté de la victime

Il faut le dire clairement.

👉 La victime n’a rien fait de mal.
👉 L’auteur est responsable, pas toi.

Se taire, c’est souffrir.
Se venger, c’est risquer pire.
Faire confiance au droit, c’est se protéger.


Conclusion: le civisme numérique, c’est aussi ça

Partager une sextape, encourager le chantage ou applaudir l’humiliation, ce n’est pas du divertissement.

C’est une violence.

Au Sénégal, les lois existent.
Les institutions existent.
La protection existe.

👉 Ne te fais pas justice toi-même. Fais respecter tes droits.

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